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Histoire des marchés financiers

 

A l'origine, il n'y avait pas de distinction entre "domaine bancaire" et "marchés financiers".

La crise de 1929 avec ses faillites retentissantes a conduit à la mise en place du Glass Steagel Act en 1933. Il scelle la séparation entre le domaine bancaire (appelé communément la banque de détail) et le domaine des marchés financiers. C'est l'ère de la réglementation et du cloisonnement. Elle va durer jusqu'en 1975. Les échanges des marchés financiers se limiteront durant toute cette période aux frontières nationales. La crise pétrolière de 1973 ouvre les frontières, le financement international se développe avec notamment les prêts en eurodollar.

A partir de 1980, le mouvement de globalisation s'accélère et les nouvelles règles de décloisonnement, déréglementation et désintermédiation créent les marchés financiers tels que nous les connaissons aujourd'hui.

Avec la disparition des marchés à la criée, peu à peu remplacés par les systèmes de cotation électroniques, les acteurs des marchés financiers effectuent une transition technologique. Les règlements livraisons se font uniquement par jeux d'écriture et non plus par livraison de support papier.

Cette tendance s'accélère durant les années 90, avec la complexification des produits financiers. Les banques cherchent alors à se doter de systèmes d'information capables d'enregistrer et de monitorer leurs positions et leurs risques de manière plus industrielle. La révolution des NTIC (Nouvelles Technologies de l'Information et de la Communication) pousse également les acteurs des marchés financiers à repenser leur Système d'Information.

 

N.B : Le développement de la banque de détail date d'une quarantaine d'années. En 1970, seulement 20% des français étaient bancarisés contre 99% actuellement. L'émergence de la banque de financement et d'investissement (BFI) remonte à environ 20 ans. 

 

Le rôle des marchés financiers

 

Un marché financier est un lieu (« physique » ou non dans le cas des marchés « électroniques ») où se confrontent l'offre et la demande des instruments financiers. On parle aussi de place boursière. Par abus de langage, on appelle marchés financiers l'ensemble des acteurs (entités, institutions, personnes physiques) qui interviendront au cours de la vie des instruments financiers.

 

L'émission sur le marché primaire d'instruments financiers tels que les actions, les obligations, les titres de créance permettent de financer la croissance des entreprises et de l'Etat.

Ces agents ont structurellement un besoin de financement. Ces produits visent à capter l'épargne des agents à capacité de financement (typiquement les ménages).

Sur les marchés, les émetteurs obtiennent donc des capitaux qu'ils rémunèrent au moyen de paiements d'intérêts ou de dividendes pour les actions.

A ces produits simples sont venus s'ajouter des produits dont la complexité varie en fonction de l'enjeu de rentabilité : les indices (Cac 40), les fonds, les produits dérivés (futures, options) et les produits structurés (ABS, CDO, CDS...). En plus des produits permettant aux entreprises de se financer, on trouve des marchés de liquidités tels que les devises, les taux d'intérêt et les matières premières.

 

Au niveau macroéconomique, les marchés financiers égalisent l'épargne à l'investissement grâce aux ajustements du taux d'intérêt. Ils offrent la possibilité aux agents économiques (Etat, entreprises, ménages) à capacité de financement de prêter ou d'emprunter de l'argent compte tenu de leurs contraintes budgétaires. Ils disposent alors de la capacité de modifier le calendrier de leurs dépenses, compte tenu de leurs ressources.

Le marché permet également d'effectuer une allocation du risque : les entreprises n'ont pas une connaissance exacte de leurs revenus futurs. Le marché leur permet de gérer cette incertitude grâce aux produits financiers qui permettent d'acheter ou de vendre une protection contre le risque.

 

Une fois en leur possession, les acteurs des marchés financiers vont intervenir sur le marché secondaire en s'échangeant les instruments nommés ci-dessus dans le but de rentabiliser une seconde fois leur investissement.

Du « père de famille » qui achète des produits sûrs (type obligation) en les détenant jusqu'à échéance, au Trader arbitragiste qui effectue des dizaines d'achats/ventes par jour, en passant par l'Asset manager qui gère des portefeuilles hétérogènes en termes de performance, c'est l'aversion au risque de l'investisseur qui modifiera ses prises de positions sur le marché.

 

Les différents modes d'organisation des marchés financiers

 

Qu'ils soient primaires ou secondaires, les marchés financiers sont structurés en « marchés organisés» et « marchés de gré à gré », plus simplement la Bourse et les marchés hors Bourse. Les marchés listés (dits aussi marchés organisés) organisent les transactions en assurant le listing et la cotation des titres, voire leur compensation. Ils regroupent et diffusent l'information aux différents intervenants. Parmi ces marchés, on trouve le New York Stock Exchange plus communément appelé Wall Street, et le London Stock Exchange.

 

Sur les marchés organisés, les échanges s'effectuent sous le patronage de la chambre de compensation. Véritable autorité, elle sert d'intermédiaire entre tous les acteurs et organise l'ensemble des transactions. Les agents déposent une caution par contrat conclu. Cette somme sert de garantie pour combler les éventuelles pertes associées aux fluctuations des cours. Quotidiennement, la chambre de compensation réévalue les pertes et profits potentiels des différents agents, compte tenu des cours du jour. Elle effectue sur cette base des appels de marge positifs si le montant de la perte dépasse celui de la caution. Se faisant, la chambre de compensation limite les comportements spéculatifs en s'assurant quotidiennement de la solvabilité des agents, avant l'échéance de leurs contrats. Si un agent est vendeur et acheteur, il devra verser le solde de ses profits et pertes potentielles.

Cette organisation limite considérablement le risque de contrepartie. Sur ce type de marchés, des produits standards sont échangés.

 

Pour les actifs «sur mesure », les opérateurs financiers ont recours aux marchés de gré à gré (aussi appelé OTC - Over The Counter -), l'expression de gré à gré signifiant à l'amiable ou d'un commun accord. Une transaction de gré à gré est une transaction entre deux parties informées et libres de contracter. Un agent financier se met directement en rapport avec une contrepartie et décide d'une transaction sans intermédiaire. Ce type de marché est réservé aux investisseurs informés qui échangent des produits « sur mesure » adaptés à leurs besoins. La réglementation y est plus souple. Le marché des devises est essentiellement un marché de gré à gré : une banque ou une entreprise qui souhaite effectuer une opération de change se met directement en relation avec une autre banque. En revanche, l'absence de contrepartie obligatoire (chambre de compensation) expose les opérateurs au risque de contrepartie.

 

Qu'ils soient organisés ou non, les marchés financiers fonctionnent dans un cadre réglementaire et sont soumis au contrôle. Pour cela, des organismes chargés de mener à bien cette mission tels que l'AMF (Aurorité des Marchés Financiers) définissent des règles de sécurité et de fonctionnement, contrôlent la fiabilité de l'information transmise au public par les entreprises émettrices et vérifient la régularité des opérations de bourse.

 

Les différents acteurs des marchés financiers

 

En France, L'AMF établit en 2007 une nouvelle classification au sein de la directive MIF (Marchés des Instruments Financiers) afin de classer les différents acteurs des marchés financiers.

Cette classification tient compte de l'information et de la connaissance des produits financiers, ainsi que de la capacité des agents à en supporter les risques afférents.

On y trouve ainsi les investisseurs professionnels ainsi que les contreparties éligibles, agréées ou réglementées par l'AMF :

  • l'Etat
  • les banques centrales (Central banks)
  • les organismes financiers internationaux (International financial agencies)
  • les établissements de crédits (Banks)
  • les entreprises d'investissement (Investment companies)
  • les compagnies financières (Financial firms)
  • les compensateurs (Clearing member)
  • les mutuelles (Mutual companies)
  • les OPC (Mutual funds, Investment trusts)
  • les sociétés de gestion (Asset managers)
  • les fonds de retraites et de pension (Pension saving funds, pension funds)
  • les sociétés de capital risque (Venture capital fund) et les sociétés d'investissement & d'innovation.

 

En opposition, les clients non professionnels (particuliers, PME...).

 

En fonction de leurs catégories, les investisseurs échangent leurs actifs directement sur les marchés (l'ensemble des professionnels) alors que les non-professionnels doivent passer par des intermédiaires (banque de détail par exemple).

 

Afin de pouvoir intervenir pour leur propre besoin et pour ceux de leur client sur les marchés, les grands groupes bancaires et d'assurances s'organisent afin de disposer de l'ensemble des entités habilitées.

 

A titre d'exemple, en 2000 la BNP décide de fusionner avec la Banque d'Affaires Paribas, donnant naissance au groupe BNP Paribas. Le mouvement de concentration continue avec de multiples acquisitions entre 2000 et 2008, permettant ainsi à cette banque de cumuler les 3 grandes activités: Banque de détail, banque de financement et d'investissement, Asset management et Services.

Aujourd'hui, l'émergence de conglomérats financiers et de la bancassurance impose à ces acteurs une organisation qui permet de gérer des produits financiers aux caractéristiques très hétérogènes, couplée à un positionnement géographique mondial.


 

Les intercations entre les différents acteurs

 

Asset Manager, BFI, Private Banking, les activités de négociation sur les marchés financiers requièrent une organisation fonctionnelle capable de traiter de manière efficiente les passages d'ordres sur les marchés tout en respectant les contraintes réglementaires. Ainsi des fonctions regroupées chez certaines entités devront être séparées dans d'autres. A titre d'exemple, en banque d'investissement, les fonctions de gestion et de passage d'ordre sont regroupées alors qu'en Asset management elles doivent être séparées.

 

Les grandes lignes métiers

 

Les Métiers du Front Office :

Le Front Office est le centre névralgique de l'établissement financier. Il a pour responsabilité de prendre les décisions de gestion ainsi que d'effectuer les passages d'ordres.

On trouve notamment dans cette catégorie, le trader (aussi appelé négociateur), le gérant, l'analyste, le product spécialist, l'économiste et le courtier.

  

Les Métiers du Middle Office :

Le Middle Office assure le suivi opérationnel des prises de positions du front office en effectuant des contrôles de premier niveau et le suivi des dénouements avec le back-office.

Le métier du middle-office regroupe un ensemble d'équipes ayant des fonctions complémentaires. Elles sont en général organisées en fonction des produits financiers qu'elles suivent.

On trouve notamment dans cette catégorie le middle-officer.

 

Les Métiers du Back Office :

Le Back office assure la partie administrative des échanges de titres ou de cash avec les contreparties concernées. Il assure le règlement-livraison entre les entités ainsi que le suivi administratif des entrées et sorties d'argent des clients. Il a aussi en charge la vérification des paiements des frais de gestion.

On trouve notamment dans cette catégorie le gestionnaire back-office.

 

Les Fonctions Transversales :

On trouve dans cette catégorie les fonctions support

Aux métiers :

  • Les commerciaux
  • Le contrôle des risques
  • L'informatique
  • Les administrateurs de données

 

A l'entreprise :

  • Les ressources humaines
  • La communication et le marketing
  • Le service juridique
  • La direction financière et administrative

 

Nous allons donc trouver ici le contrôleur des risques, l'administrateur de données, l'ingénieur études et développement et l'assistant à maîtrise d'ouvrage.

 

N.B : Parmi les tendances observées ces dernières années, les métiers de trading ont subi d'importantes mutations technologiques. Le trading devient de plus en plus « automatisé » et se base sur des modèles probabilistes. L'automatisation permet notamment une meilleure traçabilité de l'exécution des ordres. L'informatique, fonction support, est très fréquemment externalisé. Enfin, les fonctions de contrôle des risques évoluent avec les nouvelles réglementations en vigueur et nécessite, outre une connaissance pointue du contexte réglementaire, une bonne maitrise des techniques informatiques.